Un acteur, ce n’est pas simplement un visage sur un écran ou un nom au générique. Jon Huertas, avec sa trajectoire singulière, incarne le parcours de ceux qui refusent de se laisser enfermer dans une seule case. Américain d’origine portoricaine, il trace depuis plus de vingt ans un chemin solide dans le cinéma et la télévision : une présence régulière et remarquée, loin des projecteurs éphémères.
Sur le petit écran, difficile de ne pas l’associer à Javier Esposito, ce policier charismatique aperçu dans Castle, où il donne la réplique sans jamais baisser le rythme. Pourtant, ce personnage ne peut résumer la richesse du parcours de Huertas. Derrière le costume, on rencontre un homme à la trajectoire singulière, qui impose sa marque par des choix solides et une détermination peu commune.
Loin des habituels projecteurs, Jon Huertas s’est confronté à l’exigence du réel. En 1987, il opère un choix de vie peu ordinaire pour un futur comédien et s’engage dans l’armée de l’air. Il se spécialise dans la gestion d’armements, aussi bien conventionnels que nucléaires, sur les avions de combat. Un engagement qui l’entraîne sur des terrains risqués en pleine opération Desert Storm et lors de l’opération Just Cause. Au retour, c’est un homme forgé par la discipline et l’épreuve, prêt à prendre place devant la caméra pour écrire un deuxième chapitre.
Après la rigueur militaire, les spotlights du cinéma. Il débute à l’écran dès 1993. Son aisance apparaît rapidement : il apprend vite, affine son jeu, capte les regards. Là où bien d’autres transfuges de l’armée peinent à se glisser dans d’autres costumes, Huertas construit son chemin, solide sur les seconds rôles notamment, mais les rôles principaux ne sont jamais loin de sa trajectoire. L’envie de franchir de nouveaux caps est vive, visible dans ses choix et sa façon d’occuper l’espace.
Mais il ne se contente pas du circuit balisé des séries et du cinéma. Sa curiosité lui fait tenter des expériences inattendues : le clip vidéo, par exemple. Aucun format ne lui semble étranger. Là où beaucoup jouent la sécurité, lui prend le risque de la diversité, montre qu’il est possible de briser la routine et d’oser là où d’autres hésitent.
Au-delà de sa carrière d’acteur, il porte aussi la voix de ses pairs. Pendant un an, il siège comme suppléant au sein d’un conseil décidant pour la profession. Un engagement concret, qui atteste d’une envie de participer activement aux évolutions du métier. Accepter un tel rôle, même temporairement, demande de la constance et une capacité à dialoguer avec toutes les sensibilités du secteur.
Les amateurs des années 90 se souviennent aussi de son passage dans Sabrina, la sorcière adolescente. Ici, Huertas troque le badge du policier pour incarner Brad, le chasseur de sorcières. Un personnage inattendu, décalé, qui bouscule les attendus et révèle sa volonté constante d’explorer tous les horizons du jeu d’acteur.
Jon Huertas incarne la possibilité de se renouveler à chaque étape de sa carrière, de surprendre simplement en restant fidèle à ses convictions. Son parcours, riche en bifurcations, en engagement et en prises de risque, dessine celui d’un homme qui ne se résigne jamais à n’avoir qu’une seule vie. Visage familier mais trajectoire imprévisible : il lui reste encore bien des scènes à jouer.

