Le court du Bitcoin n’aura jamais été aussi élevé ! Et si sa valeur a subi une légère chute depuis le 10 janvier, tombant en dessous de 40 000 dollars, elle reste encore très élevée à ce jour: environ 38 000 dollars. En comparaison, au début du mois d’octobre, il a tourné autour de 10 000 dollars !
Le bitcoin joue avec nos nerfs depuis des mois. Quatre fois plus cher qu’à l’automne dernier, il ignore le mode d’emploi de la finance classique. La volatilité effraie autant qu’elle attire. Pourtant, la demande s’emballe, alimentée par des acteurs de poids. Des gestionnaires de fonds misent sans sourciller là où le particulier hésite, injectant des millions sur la table. L’industrie bancaire elle-même entre dans la danse : Paypal ouvre la porte aux paiements en cryptomonnaies, JP Morgan prédit, avec gourmandise, un bitcoin à 146 000 dollars si la capitalisation égalise celle de l’or. On se contente déjà d’un consensus entre 50 000 et 100 000 dollars, de quoi faire saliver ceux en quête de démesure.
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De quoi cette fièvre est-elle le symptôme ? La rareté des nouveaux bitcoins, d’abord : l’offre se tarit, tandis que la demande grimpe. La spéculation fait le reste. Jonathan Nowak, qui a commencé à investir quand la crypto s’échangeait pour quelques centaines d’euros, le résume simplement : tout cela tient à la mécanique classique de l’offre et de la demande, mais à une échelle mondialisée où chaque mouvement fait écho.
Volatilité, spéculation…
Faut-il céder à l’enthousiasme ambiant ? Claire Castanet, en charge des relations investisseurs à l’AMF, préfère refroidir les esprits : marché non réglementé, pas de garantie officielle, aucune valeur “objective” comme pour une action. Le bitcoin doit être abordé avec lucidité. Imprévisible, opaque pour qui n’a pas passé des heures à décrypter son fonctionnement, il demeure affaire de spécialistes. Pour un débutant, chaque décision mérite réflexion et préparation. Rien ne dispense de s’informer longuement avant de risquer le moindre euro.
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À écouter Yves-Laurent Kayan, fondateur de CoinPlus, la vigilance domine : il faut investir prudemment, ne miser que ce qu’on peut accepter de perdre, s’y former en amont. Il conseille de commencer modeste, explorer les plateformes, définir l’horizon d’investissement, moyen ou long terme. Des sociétés accompagnent les curieux dans leurs premiers pas, histoire de ne pas se retrouver isolé devant un jargon technique et des marchés lunatiques.
Stockage et plateforme
Sous-estimer la question du stockage revient à courir des risques inutiles. Une fois perdues ou volées, les cryptomonnaies échappent à tout espoir de récupération. Il existe principalement deux solutions fiables :
- Le portefeuille matériel, parfois surnommé clé physique, s’impose progressivement. Le fabricant Ledger, un fleuron français, commercialise une sorte de clé USB particulièrement sécurisée. Certains y déposent des sommes vertigineuses, à condition de garder le contrôle sur le mot de passe. Impossible d’oublier ce développeur allemand de San Francisco, privé de 7002 bitcoins pour avoir égaré le code d’accès ; le New York Times a rapporté son histoire.
- Autre option : déléguer la conservation à un prestataire spécialisé, qui héberge les actifs numériques pour le compte de ses clients.
Le choix de la plateforme d’achat ou de vente devient alors une étape capitale. En France, il existe une obligation d’enregistrement auprès de l’AMF. Impossible de faire l’impasse sur la vérification du fournisseur choisi. Claire Castanet le dit sans détour : figurez impérativement sur la liste blanche disponible en ligne. Mais cela ne protège pas tout : aucun placement à rendement élevé n’échappe au risque, et un investissement crypto ne doit jamais être abordé les yeux fermés. Sept PSAN (prestataires de services sur actifs numériques) figurent aujourd’hui dans le registre officiel, signe que l’encadrement progresse sans garantir la tranquillité d’esprit.
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Variétés de Bitcoin et de Crypto-monnaie
Même au moment d’oser un premier achat, la modération s’impose. Jonathan Nowak conseille de limiter la part allouée à la crypto : 5 à 10 % du patrimoine financier, pas davantage. Son portefeuille personnel, par exemple : 40 % de bitcoin, le reste réparti entre Litecoin, Ethereum, Chainlink, Binance Coin. Au 14 janvier, un Chainlink valait autour de 13 dollars, Binance Coin frôlait les 33 dollars, Litecoin atteignait les 121 euros et Ethereum flirtait avec les 959 euros.
Entrer dans l’univers des cryptomonnaies donne le vertige et balaye les certitudes. Pour 2024, miser sur le bitcoin, c’est accepter l’incertitude, poser un regard neuf sur chaque étape, guetter les signaux et avancer sans jamais cesser de questionner sa propre stratégie. Jusqu’où sommes-nous prêts à pousser l’expérience ?

