Le 1er janvier, le Code du travail français ne prévoit aucune interdiction générale d’ouverture des commerces. La confusion persiste chaque année, mais le cadre légal est limpide : le 1er janvier n’est pas un jour obligatoirement chômé pour tous les commerces. La décision d’ouvrir appartient à l’exploitant, sous réserve du respect des majorations salariales et du repos compensateur prévu par la convention collective applicable.
Régime juridique du 1er janvier : alimentaire contre non-alimentaire
Nous observons chaque année la même asymétrie dans les rues : les supermarchés ouvrent, les boutiques de prêt-à-porter restent fermées. Cette répartition n’a rien d’aléatoire, elle découle directement d’une différence de régime réglementaire.
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Les commerces alimentaires et de première nécessité (pharmacies, boulangeries, stations-service) bénéficient d’un cadre plus souple. Ils peuvent accueillir le public un jour férié sans dérogation préfectorale spécifique. Les enseignes non alimentaires, en revanche, doivent vérifier leur convention collective et, selon les communes, d’éventuels arrêtés locaux de fermeture.
En pratique, cela signifie qu’un supermarché Carrefour ou un Leclerc peut décider d’ouvrir le matin du 1er janvier en se contentant de respecter la majoration salariale due aux employés travaillant un jour férié. Une enseigne de bricolage ou d’électroménager devra, elle, s’assurer qu’aucun arrêté municipal ni clause conventionnelle ne l’en empêche.
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Majoration salariale et repos compensateur
Le travail un jour férié déclenche des obligations pour l’employeur. La plupart des conventions collectives du commerce prévoient une majoration de salaire (souvent le double de la rémunération habituelle) et un jour de repos compensateur. Ces coûts supplémentaires expliquent pourquoi de nombreuses enseignes préfèrent rester fermées : ouvrir le 1er janvier ne se justifie que si le chiffre d’affaires couvre le surcoût salarial.

Grandes surfaces alimentaires : horaires réduits et logique de flux
Les grandes surfaces alimentaires représentent la catégorie la plus visible le 1er janvier. Leclerc, Carrefour, Auchan, Intermarché, Lidl ou Grand Frais adoptent des stratégies comparables d’une année sur l’autre, avec quelques nuances.
- La majorité des hypermarchés et supermarchés ouvrent le matin uniquement, avec une fermeture entre 12 h et 13 h. Les horaires varient d’un magasin à l’autre, y compris au sein d’une même enseigne.
- Les magasins de centre-ville ou de proximité (Carrefour City, Franprix, Monop’) ouvrent plus souvent que les grands formats de périphérie, car leur clientèle dépend davantage des achats de dépannage.
- Les drives restent généralement fermés le 1er janvier, faute de personnel logistique suffisant pour assurer la préparation des commandes.
Nous recommandons de vérifier les horaires directement sur le site de l’enseigne ou via Google Maps la veille du 1er janvier. Les informations publiées en ligne sont mises à jour tardivement, parfois seulement le 31 décembre en fin de journée.
Disparités géographiques marquées
Les grandes agglomérations (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille) concentrent logiquement le plus grand nombre de magasins ouverts le 1er janvier. Les zones touristiques bénéficient aussi d’une densité d’ouverture supérieure à la moyenne. En zone rurale ou dans les villes moyennes, les chances de trouver une grande surface ouverte diminuent nettement.
Les centres commerciaux restent majoritairement fermés le 1er janvier, même si les magasins alimentaires qu’ils abritent peuvent ouvrir de manière indépendante via un accès direct sur rue.
Commerces de proximité ouverts le 1er janvier : boulangeries, pharmacies, tabacs
Les commerces de proximité fonctionnent selon une logique différente des grandes surfaces. L’exploitant est souvent le propriétaire, ce qui simplifie la décision d’ouverture : pas de convention collective à respecter au sens strict, pas de surcoût salarial si le gérant travaille seul.
Les boulangeries artisanales ouvrent fréquemment le matin du 1er janvier, au moins jusqu’à midi. La galette des Rois, dont la saison démarre précisément ce jour-là, constitue un argument commercial suffisant pour justifier l’ouverture.
Les pharmacies de garde assurent un service continu, y compris le 1er janvier. Le planning de garde est affiché sur la porte de chaque officine et consultable sur le site de l’Ordre des pharmaciens ou via le numéro dédié.
Les bureaux de tabac ouvrent selon la décision individuelle du gérant. Dans les grandes villes, une proportion significative reste accessible le matin. En zone moins dense, mieux vaut repérer un tabac ouvert la veille.
Stations-service et commerces de dépannage
Les stations-service automatiques fonctionnent sans interruption, y compris le 1er janvier. Les stations avec boutique dépendent du personnel présent, mais les enseignes autoroutières (Total, Shell) maintiennent généralement un service continu.
Les épiceries de nuit et supérettes indépendantes constituent souvent la dernière option de dépannage en soirée le 31 décembre et le matin du 1er janvier. Leurs horaires ne changent pratiquement pas les jours fériés.

Centres commerciaux et enseignes non alimentaires : fermeture quasi systématique
Pour les enseignes non alimentaires, le 1er janvier reste un jour de fermeture dans la grande majorité des cas. Les centres commerciaux ferment leurs galeries marchandes, ce qui entraîne mécaniquement la fermeture de toutes les boutiques qui en dépendent pour leur accès.
Les enseignes de bricolage, d’ameublement et d’électronique n’ouvrent quasiment jamais le 1er janvier. Le rapport entre le coût salarial majoré et la fréquentation attendue ne justifie pas l’ouverture. Les soldes d’hiver, qui débutent généralement dans les jours suivants, concentrent les efforts commerciaux.
- Leroy Merlin, Castorama, Ikea : fermés le 1er janvier, réouverture le 2 janvier aux horaires habituels.
- Fnac, Darty, Boulanger : même schéma de fermeture, sauf rares exceptions en zone touristique.
- Enseignes de mode (Zara, H&M, Uniqlo) : fermées dans les centres commerciaux, potentiellement ouvertes en boutique de rue dans certaines métropoles.
Vérifier les horaires d’ouverture le 1er janvier : méthode fiable
Google Maps reste l’outil le plus fiable pour connaître les horaires d’ouverture le jour même. Les enseignes mettent à jour leurs fiches Google Business en fin d’année, et la mention « horaires exceptionnels » apparaît directement dans les résultats de recherche.
Les sites web des enseignes proposent un store locator avec les horaires par magasin. Pour les commerces indépendants, un appel téléphonique la veille reste la méthode la plus sûre.
Les horaires affichés en ligne plusieurs semaines avant le 1er janvier sont rarement définitifs. Nous recommandons de ne se fier qu’aux informations publiées à partir du 30 décembre.
Le 1er janvier offre un paysage commercial contrasté : les commerces alimentaires et de proximité assurent un service minimal le matin, tandis que le reste du tissu commercial reste au repos. Anticiper ses achats le 31 décembre reste la stratégie la plus efficace pour éviter toute mauvaise surprise.

