La logique voudrait qu’un SUV hybride rechargeable soit un compromis. Pourtant, l’Aviator n’a pas choisi la voie du « ni trop, ni trop peu ». Lincoln a misé sur l’affirmation, la puissance et un zeste de sophistication, sans jamais tomber dans la caricature. C’est ce qui le rend fascinant, et parfois déconcertant.
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La signature Aviator se fait discrète sur la carrosserie, évitant l’écueil des lettres criardes apposées en façade. Une élégance discrète qui tranche avec certains concurrents, à l’instar du FLEX.
Eric Bangean
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Impossible d’ignorer la calandre massive : c’est un SUV, la présence s’impose d’emblée.
Eric Bangeman
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Les jantes de 21 pouces, disponibles en option, renforcent l’allure imposante de l’Aviator.
Eric Bangeman
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Le ticket d’entrée pour l’Aviator s’établit à 68 900 $.
Eric Bangeman
Quelques détails marquants méritent d’être relevés pour comprendre ce que propose l’Aviator :
La tentation, au volant, se présente sous bien des formes. Surtout avec un SUV hybride rechargeable. Deux envies se disputent la priorité : tantôt accélérer franchement en mode sport, tantôt jouer la carte de la conduite électrique silencieuse. Avec l’Aviator, Lincoln a su rendre le choix limpide : il invite à profiter des kilomètres sur batterie, sans frustration, et rend l’expérience agréable.
Pour revisiter sa gamme de SUV, Lincoln a misé sur des calandres généreuses et une ligne classique, deux éléments qui sautent aux yeux sur l’Aviator. Le design conserve des proportions traditionnelles, mais le pare-brise incliné, le toit légèrement fuyant et la plaque Aviator posée sur le flanc apportent une note rétro, presque art déco. Ce modèle à trois rangées se positionne entre le Navigator surdimensionné et le Nautilus plus compact.
L’intérieur, lui, mise sur le confort, mais la surenchère d’éléments vient perturber l’harmonie. Les matériaux respirent la qualité : cuir, bois, tout y est. Pourtant, la console centrale, imposante, rogne sur l’espace à l’avant. Heureusement, les sièges se démarquent : réglages sur 30 positions, maintien irréprochable. À l’arrière, la deuxième rangée offre de l’espace et du confort, tandis que la troisième, plus exiguë, conviendra surtout aux enfants ou aux trajets d’appoint.
Lincoln a abandonné le traditionnel levier ou la molette de vitesses : ici, quatre boutons alignés sous l’écran d’infodivertissement s’en chargent.
Ce fameux écran de 10 pouces, qui tourne sous Sync 4 avec une interface propre à Lincoln, marque un net progrès en ergonomie. Mais son emplacement, posé à plat au centre, manque d’inclinaison vers le conducteur, ce qui peut compliquer l’accès à certaines commandes, surtout si l’on préfère rester concentré sur la route.
Comme sur le Nautilus, l’Aviator propose un tableau de bord numérique de 12 pouces. Esthétiquement, l’effet est réussi, mais côté utilisation, on sent que la marque maîtrise l’instrumentation digitale sans toujours en tirer le plein parti. Le modèle testé était équipé d’un affichage tête haute, parfaitement lisible même avec des lunettes polarisées, un vrai plus, mais réservé au pack Grand Touring I (7 850 $).
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La cabine de l’Aviator privilégie l’espace et le raffinement.
Eric Bangeman
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Les boutons de sélection de vitesse se glissent entre l’écran central et les commandes de climatisation : tout tombe sous la main.
Eric Bangeman
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En mode hybride, on constate des consommations remarquables : 71 mpg atteints avant de céder à l’appel du mode Sport.
Eric Bangeman
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La première rangée offre un bel espace, seulement contrarié par la console centrale volumineuse.
Eric Bangeman
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Les passagers de la deuxième rangée profitent de leur propre gestion de la climatisation et de commandes radio. Les sièges glissent sur rails pour faciliter l’accès, un peu, à la troisième rangée, toujours étroite.
Eric Bangeman
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En rabattant la troisième rangée, le volume de chargement devient très généreux : de quoi envisager les longs trajets familiaux sereinement.
Eric Bangeman
Voici quelques aspects pratiques qui sautent aux yeux à bord :
Côté mécanique, Lincoln a choisi l’alliance d’un V6 biturbo de 3 litres avec un moteur électrique de 100 ch (74,6 kW), alimenté par une batterie de 13,6 kWh. Résultat : 494 ch cumulés, 630 lb-pi de couple et un 0 à 100 km/h expédié en 5 secondes. En mode 100 % électrique, la marque annonce 33 km d’autonomie réelle, une promesse tenue lors du test. Cinq modes de conduite s’offrent au conducteur, mais le mode sport, bien que nerveux, manque de sensations pour un SUV de ce calibre.
L’Aviator tire le meilleur de son hybride en mode « Conserve » : il privilégie l’électrique tant que la batterie le permet, basculant sur l’essence uniquement si l’accélération l’exige. Dans la pratique, cela se traduit par une conduite discrète, apaisée, sans bruit mécanique. Le branchement quotidien devient vite un réflexe. Le chargeur fourni (120 V) suffit pour une recharge complète pendant la nuit. Sur du 240 V, le temps passe sous la barre des trois heures. Point appréciable : l’Aviator indique systématiquement le temps restant avant recharge complète, affiché à chaque arrêt du véhicule.
Certains hybrides concurrents, tels que le Volvo XC90 Recharge ou le Porsche Cayenne E-Hybrid, imposent une conduite très douce pour rester en mode électrique. L’Aviator, lui, se montre plus permissif : inutile de doser à l’extrême, le moteur essence reste discret tant que l’on ne sollicite pas toute la puissance. C’est sur ce terrain que l’Aviator s’impose : il allie performance et sobriété, sans prise de tête. Les chiffres de l’EPA parlent d’eux-mêmes : 10,2 L/100 km en mode essence, 4,2 L/100 km en hybride. Sur une semaine de trajets mêlant autoroute, ville et périphérie, la consommation réelle a dépassé les 65 mpg (3,62 L/100 km) en privilégiant le mode Conserve, preuve que la technologie tient ses promesses.
Le tarif de départ, 68 900 $, grimpe facilement à près de 85 000 $ avec les options. Toutefois, le crédit d’impôt fédéral de 6 500 $ vient tempérer l’investissement. Rares sont les rivaux directs dans le segment du luxe hybride à trois rangées : un Aviator bien équipé s’affiche à peine au-dessus d’un Volvo XC90 Recharge, mais propose une expérience différente. Si l’on veut concilier la consommation d’un hybride et le standing d’un grand SUV familial, le choix reste limité, et l’Aviator avance de solides arguments.
Dans l’habitacle comme sur la route, l’Aviator laisse une impression singulière : celle d’un SUV qui assume tout, sans surjouer. Il ne cherche pas à tout révolutionner ; il préfère convaincre par la constance, un peu à la manière d’un compagnon de route fidèle qui n’a rien à prouver. Un positionnement rare, à l’heure où la surenchère est la norme.
Liste des images par Eric Bangeman

